Enseignement supérieur: Face aux inégalités croissantes, l’inaction gouvernementale

Enseignement supérieur: Face aux inégalités croissantes, l’inaction gouvernementale

Édito de Manel Djadoun, Secrétaire à l’organisation de l’UEC

Après deux ans de crise sanitaire, les étudiant·es ont enfin pu se retrouver en présentiel, heureux de réinvestir les bancs des amphithéâtres, de rencontrer, parfois pour la première fois, leurs camarades de promotion, d’échanger autour de leurs cours, d’investir le mouvement associatif, culturel et sportif. Nous l’avons bien compris, étudier ce n’est pas simplement accumuler des connaissances. L’apprentissage passe par l’échange, la stimulation collective, l’entraide mais il est surtout favorisé par de bonnes conditions de vie et d’étude :  avoir des revenus suffisants, un logement décent, des salles de cours fonctionnelles, des formations de qualité, des professeurs en condition d’enseigner.

Si nous nous réjouissons de ce retour en présentiel, force est de constater que partout, les étudiant·es ont été accueilli·es dans des conditions inacceptables. A l’occasion de son dernier discours, Madame Vidal vendait « une rentrée universitaire réussie» à la presse. Se référait-t-elle aux milliers d’étudiant·es devant les banques alimentaires, aux 22000 bachelier·es exclu·es de l’enseignement supérieur ou aux étudiant·es n’ayant pas de place pour suivre leur cours dans les amphithéâtres ? 

L’état du débat public sur les universités montre à quel point ce gouvernement est mis en difficulté pour répondre à l’exigence d’émancipation des étudiant.es. Jamais ne sont  évoqués les réels problèmes auxquels fait face l’enseignement supérieur : insuffisance budgétaire, reconnaissance du travail des étudiant.e.s, accès inégalitaires à l’université selon la classe sociale et le milieu d’origine. Les dernières statistiques nous le montrent,  seulement 5% des enfants d’ouvriers accèdent à l’université, les lycéen.nes issu.es des classes populaires sont les premier·es à être touché·es par la sélection universitaire et plus de 20% des étudiant·es vivent sous le seuil de pauvreté. 

Depuis maintenant deux ans le gouvernement s’acharne à mener des offensives contre les sciences, la production des savoirs et les chercheurs en sciences sociales. Les libertés académiques et de recherches se voient remises en question au nom de la lutte contre les soit disant « séparatisme » et « islamogauchisme ». En parallèle, depuis son arrivée au pouvoir, Macron s’emploi à mettre à genoux les universités : sélection, hausse des frais d’inscriptions pour les étudiant·es étrangers puis la Loi de Programmation de la Recherche.  L’objectif est de mettre fin à l’indépendance des universités , d’accentuer la concurrence à tous les niveaux, de détruire le service public universitaire, de donner plus de place aux entreprises dans la gouvernance des universités et de précariser toujours plus les étudiant.es, les doctorant.es et les personnels. 

Si la question  de la rémunération est centrale dans la lutte contre la précarité, nous savons aussi que les étudiant.es sont en quête de sens et posent directement la question de l’utilité de leur travail et de leur rôle dans la société face aux enjeux  sociaux comme le climat, le racisme, les migrations ou le sexisme. C’est en partant de ce constat qu’il nous semble primordial de faire vivre le débat politique et démocratique à l’université. Nous n’avons nul autre choix que celui de s’opposer pied à pied à toutes celles et ceux qui précipitent notre pays dans la régression et l’obscurantisme. Nos universités doivent être des lieux de progrès des savoirs et des connaissances mais aussi de liberté, de pleine égalité, d’indépendance et d’autonomie. À rebours de leur projet destructeur pour l’université, nous voulons bâtir une université émancipatrice ouverte à tous·tes, en particulier aux classes populaires.  C’est en posant cette exigence politique que les étudiant·es communistes mèneront sans relâche une campagne pour défendre la liberté d’étudier, de se former et de s’engager dans les luttes pour la justice et l’égalité. 

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