Avec la loi LPR, la liberté d’expression des étudiant·e·s menacée

Avec la loi LPR, la liberté d’expression des étudiant·e·s menacée

Que ce soit contre la loi ORE ou contre la loi LPPR, ces dernières années ont été marquées par de fortes mobilisations des étudiant.e.s pour défendre l’enseignement supérieur et la recherche contre les offensives successives des partisan·e·s de la précarisation de l’ESR. Dans ces mouvements, les occupations d’amphithéâtre, voire de bâtiments entiers, on fait partie des modalités d’actions des étudiant·e·s pour porter leurs revendications. Suite à l’examen de la LPR au sénat et à l’assemblée, la commission mixte paritaire (CMP), chargée hier de trancher sur un certain nombre de points, a entériné plusieurs amendements. Parmi eux, l’amendement n°147, qui prévoyait jusqu’à un an d’emprisonnement et 7500 € d’amendes pour « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité (…) dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement ». Cette mesure, déjà préoccupante pour les droits démocratiques des étudiant.e.s, a été accentuée dans son caractère autoritaire par la CMP. À présent, c’est 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende que l’on risque si ce délit est commis en réunion.

La capacité de se rassembler et de manifester sur son lieu d’étude est un droit essentiel et contribue à faire de l’université un lieu d’émancipation intellectuelle. L’adoption de cet amendement, qui organise la répression politique des étudiant.e.s sur les campus, constitue une véritable attaque contre les libertés des étudiant·e·s et la démocratie. On renforce l’autoritarisme et la concentration des pouvoirs entre les mains des chefs d’établissements, éloignant par conséquent toujours plus les étudiant·e·s, les enseignant·e·s et le personnel de la vie de l’université. De plus, enlever aux étudiant·e·s une de leurs méthodes de contestation constitue un moyen d’empêcher la protestation contre la précarisation de l’enseignement supérieur et de la recherche.

L’université n’a pas vocation à n’être que le lieu où l’on forme des futurs travailleurs à répondre aux attentes du patronat et de leur profit. Elle est le lieu où sont formés de futurs citoyens. Avoir une vie démocratique et politique riche sur les campus est d’une importance primordiale. À ce titre, l’Union des Étudiant·e·s Communistes, fait part de son opposition à la loi LPR et aux amendements adoptés à l’issue de la commission mixte paritaire, et affirme son ambition de porter un projet pour une université émancipée, autant du point de vue du travail des étudiant·e·s que de leurs libertés politiques.

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